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« Les courbes se sont croisées : de plus en plus de patients à soigner, de moins en moins de médecins pour le faire. »
Le résultat d'un demi-siècle de numerus clausus, pensé pour réduire la dépense en réduisant le nombre de prescripteurs.
Sur cent parts du territoire français, quatre-vingt-sept sont aujourd'hui classées en désert médical : un chiffre repris par le Gouvernement lui-même.
Derrière chaque case, des familles qui renoncent à se soigner, des rendez-vous repoussés de plusieurs mois, des urgences saturées, des parents dont les enfants avaient la vocation mais ont été rejetés par les facultés.
Le cursus actuel demande dix à quinze ans. Au rythme du numerus apertus, il faudrait plus de vingt-cinq ans pour seulement combler le retard. La réforme 5+2 change l'échelle du temps.
La formation dure cinq ans ; les deux années suivantes sont déjà deux années d'exercice en territoire prioritaire. Et dès la première année, les étudiants sont affectés en maison médicale : le territoire est soigné pendant même que les médecins se forment.
nécessaires pour combler le retard si rien ne change.
médecins formés par an aujourd'hui, plafond des facultés.
étudiants formés chaque année dès la première promotion : de vingt à trente mille.
Trois hôpitaux de proximité sur quatre sont en déficit. Chaque fermeture pousse un peu plus les patients vers les métropoles.
Le cas de l'hôpital de Marmande-Tonneins est devenu un cas d'école : 9,4 millions d'euros de déficit prévisionnel en 2025 et une mise sous administrateur provisoire. Pourtant, l'établissement reste certifié par la Haute Autorité de santé.
Sur la période, la masse salariale non médicale y a progressé de 40 %, soit 12 millions d'euros, bien plus vite que les effectifs : la paperasse a grandi plus vite que le soin. (Chambre régionale des comptes, 2025.)
On refuse de mourir si bien soignés. Il faut donc, enfin, reformer des médecins.